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Cosmétiques, textiles, jouets… les nanomatériaux, amis ou ennemis ?

Cosmétiques, textiles, jouets… les nanomatériaux, amis ou ennemis ?

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Ils se nichent dans bien des objets de notre quotidien : cosmétiques, textiles, emballages alimentaires, peintures… Fortant, nous ne savons pas si les nanomatériaux sont toujours nos amis, pointent deux nouveaux livres.

Trop beau pour être vrai ? Le monde des nanos a fait rêver. Politiques, industriels, consommateurs. Parce qu’à cette échelle du nanomètre, les atomes possèdent des propriétés très particulières, de nouveaux produits ont été mis sur le marché : matériaux hyperlégers et résistants, crèmes « anti-tout », nouveaux médicaments…

La France, en 2009, engage 70 millions d’euros pour accélérer le développement et la commercialisation de nanomatériaux. C’est le programme NanoInnov. Des milliers d’emplois sont à la clé.

En 2010, le marché des nanos est évalué à 1 000 milliards de dollars. La France occupe le cinquième rang dans le domaine de la recherche. « Nano » devient un argument publicitaire… jusqu’à ce que le vent tourne, il y a une poignée d’années.

Des chercheurs, toxicologues émettent l’hypothèse que tous ces nanomatériaux ne sont pas sans danger. « Des études scientifiques font apparaître des risques possibles pour la santé et l’environnement », reprend l’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies (AVICENN), auteur de Nanomatériaux et risques (1).

Nanomatériaux = danger ?

Mais les industriels en minimisent les résultats : parce que ces études sont menées en labo, sur des rats ; parce que les quantités testées sont supérieures à celles présentes dans leurs produits. Cela va dépendre aussi des nanos en question, de leur usage. AVICENN, comme Francelyne Marano, auteur de Faut-il avoir peur des nanos ? (2), en conviennent : leur présence ne signifie pas forcément danger. Mais, en l’absence d’études indépendantes, il faudrait, défendent-ils, appliquer le principe de précaution. Or, ce n’est pas le cas.

Le 22 février, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) réclame elle aussi de toute urgence que des recherches soient menées pour évaluer les risques éventuels. D’autant qu’on ne sait pas quelles quantités de nanos sont finalement rejetées dans l’environnement ou absorbées par nos organismes, quelle est leur durée de vie, comment sont gérés les déchets des entreprises qui les utilisent.

Les pouvoirs publics sont lents à mettre en place des dispositifs de surveillance. Les lobbies industriels freinent l’adoption de mesures. La France, en 2013, met en place le registre R-nano, pour un recensement obligatoire des entreprises utilisant des nanos. Il a le mérite d’exister, seuls deux autres pays de l’Union européenne ont fait de même, mais il est imparfait : il ne permet pas de lister les produits qui en contiennent. Et, quand il y a obligations d’étiquetage, elles ne sont pas effectives.

Encadrer les nanos

La seule avancée obtenue concerne les salariés en contact avec des nanomatériaux dans la fabrication des produits. Le plan santé au travail 2016-2019 prévoit « une étude des risques émergents ».

Sans les condamner, il faudrait au moins encadrer les nanos, posent les auteurs des ouvrages parus : ne pas mettre sur le marché des produits dont l’impact n’a pas été étudié ; dans l’alimentaire, prévoir une autorisation de mise sur le marché ; se poser la question de savoir si ces nanoparticules sont toujours indispensables. Pourquoi, pas exemple, en mettre dans des jouets ?

1. « Nanomatériaux et risques pour la santé et l’environnement », AVICENN, éd. Yves Michel, 7 €. veillenanos.fr.

2. « Nanotoxiques – Une enquête », Roger Lenglet, éd. Actes Sud, 22 € (sortie le 19 mars)

3. « Faut-il avoir peur des nanos ? », Francelyne Marano, éd. Buchet-Chastel, 12 € (sortie le 1er avril).


Les plus et les moins des nanoparticules

PAR SOPHIE LEROY


NANOSANTE.NET > REVUE  DE  PRESSE

Source : La voix du nord
Date de parution : 25/03/2015

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