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Nanoparticules au menu : un danger pour la santé ?

Nanoparticules au menu : un danger pour la santé ?

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Les nanoparticules sont dans l’air du temps… au sens littéral du terme. On les respire, on les porte et maintenant, on les mange ! Eh oui, elles sont partout. L’industrie agroalimentaire se régale de ces produits pour nous offrir des aliments à la texture « idéale ». Y a-t-il des raisons pour nous, consommateurs, de s’inquiéter ? Que savons-nous de ces particules ?

Qui aurait pensé que derrière l’onctuosité d’un chocolat chaud ou d’une crème glacée se cachent de petites particules, actuellement au coeur d’une polémique internationale ? Et fortant, les nanoparticules, nouveaux « chouchous » des scientifiques, suscitent l’inquiétude des gouvernements.

Les nanoparticules dans nos aliments

nanoparticules-alimentsLes nanoparticules, de la taille d’un milliardième de mètre, soit mille fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, sont utilisées dans une variété d’aliments. Les textures de la poudre de chocolat ou du ketchup sont ainsi améliorées par ajout de dioxyde de silicium (SiO2). La couleur des confiseries est stabilisée et les vinaigrandtes sont blanchies par du dioxyde de titane (TiO2). Tantôt épaississants, tantôt conservateurs ou colorants, le SiO2 et le TiO2 sont davantage connues sous le nom d’additifs alimentaires E551 et E171.

Outre leur emploi dans les aliments, ces minuscules particules se retrouvent aussi dans les emballages alimentaires, notamment les nanoparticules d’argent qui présentent un haut pouvoir antibactérien. Que cela soit pour modifier la couleur, la fluidité ou encore le goût, les applications des nanoparticules dans le domaine alimentaire sont immenses. Mais comment leur utilisation est-elle réglementée ?

Une réglementation à mettre en place

Aucune chance de lire sur les étiquettes de nos produits de consommation la mention : nanoparticule. Pour la simple et bonne raison, qu’à l’heure actuelle, les industriels clament qu’ils n’utilisent pas de nanoparticules ! Et si c’état le cas, rien ne les oblige à en signaler la présence au consommateur. Mais alors, comment est-il possible de trouver des additifs alimentaires de la taille du nanomètre ?

Jusqu’à présent, les critères pour autoriser la mise sur le marché d’un additif ne comprenaient pas la taille des particules. C’est pourquoi un additif déjà autorisé ne faisait pas l’objet d’une nouvelle autorisation même si on modifiait sa taille par un procédé de nanotechnologie. Le règlement Nº 1333/2008 de la Communauté européenne sur les additifs alimentaires, qui sera applicable le 20 janvier 2010, va changer ces pratiques.

En attendant, les résultats des études toxicologiques tendent à mettre en garde les instances gouvernementales des risques sanitaires dus à l’ingestion de ces substances. En effet, les nanoparticules seraient capables de traverser les barrières biologiques, comme la paroi cellulaire. Autrement dit, grâce à leurs nanotailles, elles pourraient se nicher à l’intérieur d’une cellule et provoquer d’éventuelles inflammations et dommages génétiques.

Notons que depuis le 10 mars 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le dioxyde de titane cancérigène pour l’homme par voie respiratoire…

Une polémique internationale

Néanmoins, il faut rester vigilant quant aux données toxicologiques relatives à l’ingestion de nanoparticules. « Chaque nanoparticule est différente » précise Dr Andrew Maynard, responsable du Project on Emerging Nanotechnologies au Centre international Woodrow Wilson à Washington. Mais il est vrai qu’en fonction de leurs propriétés, « elles peuvent éventuellement endommager une cellule » confie-t-il. « Au stade actuel des connaissances, il est essentiel de se demander quelles sont les vraies questions » pour permettre de faire la lumière sur la polémique que l’utilisation des nanoparticules engendre dans la communauté internationale. Mais surtout pour assurer une sécurité sanitaire à chacun d’entre nous.

Selon un récent rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), les connaissances sur les risques sanitaires liés à l’ingestion de nanoparticules sont insuffisantes. L’Afssa appelle alors à la prudence et un débat public sur les nanotechnologies s’est ouvert mi-octobre 2009.

Stéphanie Toetsch
Sources :

Rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) – Nanotechnologies et nanoparticules dans l’alimentation humaine et animale – Mars 2009
– Entretien téléphonique avec le Dr Maynard, responsable du Project on Emerging Nanotechnologies au Centre international Woodrow Wilson à Washington
Règlement nº 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil sur les additifs alimentaires

 


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Source : Doctissimo.fr
Date de parution : 24/11/2009

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