Home Médias Nanoparticules : technologie révolutionnaire ou dangereux poison ?
Nanoparticules : technologie révolutionnaire ou dangereux poison ?

Nanoparticules : technologie révolutionnaire ou dangereux poison ?

49
0

Elles sont partout : dans nos vêtements, cosmétiques, et même dans l’air. Si elles inquiètent, elles représentent aussi de grands espoirs thérapeutiques et technologiques.

Les nanoparticules sont partout : dans nos vêtements, cosmétiques, et même dans l’air. Elles inquiètent par leur capacité à pénétrer jusque dans le corps humain. Fortant, elles se révèlent également porteuses de grands espoirs thérapeutiques et technologiques.

Les nanoparticules, c’est quoi ?

Échelon manquant entre la matière macroscopique et le monde moléculaire, les nanoparticules représentent environ un 5000e du diamètre d’un cheveu humain.

Leur diamètre est inférieur à 100 nanomètres. Ce seuil n’est pas sans intérêt : il marque une limite à partir de laquelle la matière change de propriétés.

Au-dessous de 100 nanomètres, la surface de contact avec le milieu extérieur devient proportionnellement très importante par rapport au volume total de la particule. Elle devient donc particulièrement réactive.

Les particules extrêmement fines acquièrent des propriétés nouvelles, intéressantes sur le plan technologique. Elles n’ont plus la même température de fusion, et elles deviennent aussi plus fragiles que les particules macroscopiques.

Présentes à l’état naturel ou dégagées accidentellement, on les appelle particules ultra-fines. Fabriquées pour des besoins médicaux ou technologiques, elles prennent leur nom de « nanoparticules ».

Guérir des cancers, repousser la bactérie E.coli…

Les nanoparticules servent à tout. Dans nos vêtements, elles peuvent apporter des qualités antibactériennes et limiter les odeurs. On les utilise aussi pour fabriquer des verres de lunettes et peintures résistants, ou pour augmenter l’adhésion des pneus à la route. Les particules d’argile dans le plastique rendent les bouteilles de bière plus solides.

Cibler des tumeurs cancéreuses et leur livrer un médicament plus précisément

Mais leurs bienfaits vont beaucoup plus loin. Des nanoparticules sont capables de cibler directement le cœur des tumeurs cancéreuses pour leur « livrer » un traitement à domicile. Dix-sept patients souffrant de cancers avancés ont bénéficié de cette technologie dans le cadre d’une expérience américaine.

« on est en train d’ouvrir une boîte de Pandore, de produire encore une fois en masse des objets dont on connaît assez peu le potentiel de toxicité. »
« on est en train d’ouvrir une boîte de Pandore, de produire encore une fois en masse des objets dont on connaît assez peu le potentiel de toxicité. »

Les chimiothérapies classiques diffusent dans tout l’organisme et ne distinguent pas entre les tissus sains et les tissus malades, d’où des effets secondaires généralement très importants. Ici, les nanoparticules ne relâchent le produit qu’une fois en contact de la tumeur. Elles ont donc permis d’utiliser un médicament plus concentré et moins risqué pour le reste de l’organisme.

Des doses minimes de médicament ont suffi au nano-traitement pour faire effet : seulement 20 % de ce qui est prescrit habituellement.

L’une des patientes a profité d’une réduction de sa tumeur du col de l’utérus tandis que cinq autres participants ont constaté une stabilisation de leur cancer.

Repousser la bactérie E.coli

Tout récemment, des filtres composés de nanoparticules d’argent se sont montrées capables de repousser les attaques de la bactérie E. coli dans l’eau. D’autre se sont révélées utiles comme dépolluants, en détectant des agents contaminants à de très faibles concentrations.

Certaines nanoparticules ont des effets toxiques

Le corps humain ne fait pas exception : les nanoparticules peuvent s’y infiltrer, par voie cutanée, digestive ou par inhalation. Elles peuvent migrer vers différents organes, ou encore traverser la barrière hémato-encéphalique et se retrouver dans le cerveau.

« Ces propriétés sont d’ailleurs mises à profit de manière positive par l’industrie pharmaceutique en vue d’améliorer l’efficacité de la diffusion du médicament« , relève le docteur Howard. Mais ces mêmes propriétés s’appliquent à des nanoparticules intruses provenant de la pollution ou des produits manufacturés.

Serge Stoll, professeur à l’Université de Genève, est assez pessimiste. Pour ce spécialiste de physico-chimie environnementale, « on est en train d’ouvrir une boîte de Pandore, de produire encore une fois en masse des objets dont on connaît assez peu le potentiel de toxicité. »

En outre, il est assez difficile de déterminer leurs effets nocifs, et trop peu d’études ont encore été réalisées.

Un effet toxique sur les testicules

Une récente étude norvégienne a mis en garde : les nanoparticules d’argent ont un effet toxique sur les testicules. Selon leur concentration et la durée d’exposition, elles peuvent enrayer la croissance et le renouvellement cellulaire, voire détruire les cellules. Elles constituent donc un risque important pour la fertilité.

Présentes dans la pollution de l’air :Irritation des voies respiratoires

Autre danger : les nanoparticules présentes dans l’air lors des pics de pollution. Les moteurs Diesel produisent des particules très fines susceptibles d’irriter les voies respiratoires, voire de provoquer des cancers.

Les risques peuvent même se cacher dans les produits censés nous protéger.

Or, il n’existe pas encore de solution. Les filtres à particules qui équipent désormais certains véhicules ne suffisent pas, car aucun mécanisme physique ne peut arrêter des particules plus petites que 200 nanomètres.

Ainsi, l’association environnementale « Friends of the Earth » s’inquiète de la présence de nanoparticules dans les crèmes solaires.

Certaines nanoparticules dans les crèmes solaires sont dangereuses

Certes, les minuscules particules de métal, d’oxyde de zinc et de dioxyde de titane permettent de lutter contre les radiations des UV, et donc les cancers de la peau. Mais ces mêmes particules peuvent pénétrer l’épiderme et provoquer… des cancers.

En 2010, un article de Chemical Research in Toxicology confirmait : la crème solaire peut-être dangereuse, si elle est accidentellement ingérée. Les nanoparticules peuvent alors détruire les cellules du colon.

Dans le dentifrice, le dioxyde de titane pourrait provoquer des inflammations, similaires à celles de l’amiante au niveau des poumons.

Dans les emballages d’aliments : attention à l’absorption de fer

Et dans nos assiettes ? Il est difficile de déterminer si les nanoparticules présentes dans les emballages sont capables de se déplacer dans les aliments ou boissons.

De nombreuses industries emploient maintenant des particules d’argent nanométriques pour tuer les microbes. Cependant, suite à une étude menée sur des poulets, les chercheurs avaient mis en garde contre les effets négatifs des particules sur l’absorption de fer par l’organisme.

Par Julie Mangematin


NANOSANTE.NET > REVUE  DE  PRESSE

Source : Ça m’intéresse
Date de parution : 05/06/2014

(49)